- Casse-toi, casse-toi alors, pauvre con, va !

" Nicolas Sarkozy a laissé fuser l'insulte, samedi matin, lors de sa visite du Salon de l'agriculture, une scène diffusée par Le Parisien, Le Monde et Dailymotion sur leur site.

Dans la cohue, le président progresse en serrant des mains, entouré de gardes du corps. Arrivé au niveau d'un homme en veste beige, il s'énerve quand ce dernier se retourne brusquement :"Ah non, ne me touche pas, tu me salis!", lui lance le visiteur en colère. "Casse-toi, casse-toi alors! Pauvre con va...", répond le président français sans se départir de son sourire avant de poursuivre sa route dans les allées du Salon." dit le très sérieux Le Mondesarko.

J'ai écouté la vidéo avec soin, le bougon en veste beige dit bien : "Ah non, touche-moi pas, tu va m'salir ! " et non pas "Ah non, ne me touche pas, tu me salis!" comme dans les sous-titres de la version du Monde. Il n'y a qu'un savoyard ou un dauphinois, à la petite rigueur un lyonnais pour dire ça, avec cet accent. Donc, le président de la République française a traité  un Allobroge de pauvre con.
Un allobroge vaillant qui avait mis sa veste du dimanche pour se rendre au salon, un belle veste beige claire toute neuve.
Tu m'la salira pas, hein, le beige, ça craint, une tache là-dessus c'est pas facile à ravoir, lui avait dit sa femme en le déposant à la gare en vitesse, pour ne pas payer le parking. Toute la journée, il a évité les éclaboussures de bouses de vaches, les bombardements de fientes de poules, les giclements de pinard, les projections de jus d'andouillette. Toute la journée, il a pris mille précautions pour épargner sa belle veste neuve de toutes ces  souillures de Damocles. Il n'a pas vraiment profité de sa journée à cause de cette veste neuve.

Et puis, en fin de journée, de gros flics le bousculent, un petit homme ricanant se jette sur lui, le petit homme sue. L'homme à la veste beige est un homme de la terre, un solitaire, un montagnard, il est paniqué et c'est là qu'il lance son cri du cœur : - Ah non, touche-moi pas, tu vas m'salir ! avec son bel accent qui sent la marmotte et le génépi.

Et voilà que le président de la République française traite de pauvre con un allobroge trop soigneux et trop propre sur lui.

Allobroges, levez-vous ! Dressez-vous ! Demandez des excuses et entonnant notre beau chant des Allobroges.

Allobroges vaillants ! dans vos vertes campagnes
Accordez-moi toujours asile et sûreté
Car j'aime à respirer l'air pur de vos montagnes:
Je suis la Liberté ! la Liberté !

* Pour la première fois dans l'histoire, le peuple d'une grande démocratie a élu un président, pour voir "quelle connerie, qu'i'va encore nous sortir, ce matin".
Les français sont des marrants .

* Dans la préface de "Rêves de cochons",  publiée ici quelques lignes plus bas, je décrit comment les prédécesseurs de Sarkozy avaient réagi aux injures venues de la foule.